Patrick Sarkizian

Professeur de trompette

Qu’est-ce qui t’est très cher de transmettre à travers tes cours ?

Partir vraiment de la notion de plaisir avant toute chose. S’il n’y a pas la notion de plaisir quand tu fais d’un instrument, quel que soit l’instrument, après tu es limité dans ta progression, tu es frustré, pas heureux et tu n’avances pas. Toujours essayer de susciter cette notion de plaisir, par l’envie de jouer. Partir de là où en est l’élève. Même s’ils ont le même âge et qu’ils ont commencé au même moment, ils n’ont pas le même vécu, le même environnement. Même si on doit arriver au même endroit, on ne va pas passer par le même chemin. Je suis assez intuitif là-dessus, je parle beaucoup avec les élèves. Dès que je vois une petite piste, une petite lueur, je pars de là. J’évite, parce qu’ils ont le même âge ou le même niveau, de leur faire faire tous la même chose, parce que ça ne s’y prête pas forcément. Il y a des morceaux plus adaptés à chaque élève : l’un par rapport au phrasé, l’autre plus technique. J’essaie de mettre leur aptitude, leur qualité en avant.

Pour inciter un élève à faire de la trompette, tu lui dirais quoi ?

Je lui ferais essayer la trompette, direct.
C’est un instrument où on fabrique sa note. Si on leur explique tout de suite ils y arrivent très vite, tous. Passer d’une note à l’autre, c’est plus compliqué. Il n’y a que trois pistons alors forcément, ce n’est pas pour ça qu’on ne peut faire que trois notes. Alors, on découvre les notes harmoniques, qu’on peut faire plusieurs notes même sans appuyer, avec plusieurs doigtés, etc.

Tu arrives à leur faire jouer des petits morceaux assez vite ?

Ce que je fais, des fois très rapidement en une séance, c’est que s’ils arrivent à faire ne serait-ce que deux notes, -par exemple un la, un do-, je leur fait jouer ça en boucle et moi je leur joue un accompagnement. C’est tout de suite assez plaisant.

Alors, la trompette en appartement, c’est envisageable ?

Ça n’est pas un problème. C’est à eux de doser leur son. Normalement, ça n’est pas forcément très fort. Si vraiment il y a un problème, tu peux mettre une sourdine. Maintenant, il y a même des sourdines électroniques. Tu mets une sourdine et un casque et tu règles comme tu veux. Tu peux choisir ton acoustique. Si tu veux t’entendre comme dans une cathédrale, tu t’entends comme dans une cathédrale.

A partir de quel âge peut-on commencer la trompette ?

L’âge idéal, c’est les CE1, CE2.
Les dents, c’est un faux problème. Il faut les deux dents du haut et encore quand elles tombent, le temps qu’elles repoussent, on peut travailler les notes graves.
Et puis maintenant, il existe des trompettes de poche : c’est deux fois plus petit qu’une trompette et ça a le même son. Du coup, on peut commencer tôt.

Peux-tu expliquer les différentes sortes de trompette qui existent ?

Il y a la grande, qu’on appelle trompette.
Le cornet à piston est un peu plus court a un son plus doux. La trompette a un son plus brillant.
Le bugle est une sorte de clairon avec des pistons. Il a un son très doux, encore plus velouté.
Un clairon, c’est le même format qu’un cornet à piston, c’est un peu plus gros.
Il y a ensuite la petite trompette de poche.
Ils sont tous dans la même tonalité. La différence, c’est vraiment la couleur de son.

Tu enseignes toutes ces trompettes dans ta classe ?

Oui, c’est la même technique, le même doigté, les mêmes hauteurs, etc.

Que penses-tu de la pratique d’ensemble ?

L’ensemble de trompette est aussi important qu’un cours individuel. Dès que les élèves vont se débrouiller un tout petit peu, ils vont faire de la pratique d’ensemble. Ils vont se côtoyer, rencontrer des difficultés ou pas, se donner des conseils, ils vont s’écouter pour pouvoir jouer ensemble. Je le fais même pour les premiers cycles, et encore après pour les plus grands…

As-tu des morceaux phares de trompette ou des trompettistes que tu adores ?

En ce moment, c’est Ibrahim Maalouf.



Maurice André pour la partie plus classique.


Et Alison Balsom, trompettiste anglaise qui joue autant de la trompette classique que de la trompette naturelle. La trompette naturelle, c’est la trompette sans piston. C’est magnifique.

Quel style de musique fais-tu jouer ?

Un peu tous les styles : classique, jazz. Ils jouent des relevés de chorus jazz par exemple.
J’aimerais créer aussi des projets qui nous emmènent à l’extérieur, qui nous sorte de l’école de musique, en lien avec ce qui nous entoure dans le territoire, avec les envies de chacun. Quand j’étais en Ardêche, on avait fait un projet avec une compagnie de marionnettes de très haut niveau. C’était vraiment très bien.

Y a-t-il une limite d’âge pour jouer de la trompette ?

Non. J’ai même un élève qui a attendu la retraite pour se mettre à la trompette. Maintenant, il a 74 ans, et il s’éclate. »

Interview réalisée par Julia Fayolle le 14/12/2016





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